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Extension Kubus
Titan du Musée Historique de Berne

L’extension Kubus/Titan du Musée Historique de Berne arrive à terme après quelque trois ans de travaux. Hier, vendredi 4 septembre, des festivités sont venues marquer la remise définitive de l’édifice à ses utilisateurs. Aujourd’hui, samedi 5 septembre, le public pourra le découvrir au cours de la journée portes ouvertes qui lui est dédiée.


115 ans après sa fondation, le Musée Historique de Berne a inauguré le 4 septembre 2009 l’extension Kubus/Titan qui lui faisait cruellement défaut. Un moment historique pour les responsables du Musée, car le besoin de s’agrandir se faisait depuis longtemps sentir. Un emplacement avait même déjà été choisi, en 1920. Plusieurs projets échouèrent cependant devant l’ampleur des nécessités et les maigres capacités de financement public. En 1997, la direction du Musée, emmenée par son directeur Peter Jezler allait remettre l’ouvrage sur le métier. Anciennes requêtes et nouvelles exigences allaient former un nouveau cahier des charges. L’ambition du projet a dû s’ajuster aux contingences politiques. En 2000, un providentiel cadeau de 2 millions de francs de la Fondation Abegg à Riggisberg est venu donner l’impulsion décisive, permettant de lancer un concours international d’architecture dont le lauréat fut le jeune bureau d’architectes :mlzd à Bienne. En 2005, les trois piliers du Musée que sont le Canton, la Ville et la Commune bourgeoise de Berne votèrent le crédit de construction.


Un remarquable mariage de la forme et de la fonction

L’édifice conçu par le bureau d’architectes :mlzd à Bienne comporte trois secteurs : deux étages de dépôts souterrains, surmontés d’un grand espace d’expositions de 1200 m2, coiffés d’une imposante tour dédiée aux services administratifs. Son côté sud présente un manteau de béton, dont l’esthétique des arrêtes rappelle le cristal. Toute de verre, la face nord renvoie les reflets du vénérable château historicisant de 1894. Entre les deux édifices, s’intercale le toit de l’espace d’expositions formant une place de quelque 1000 m2. Une respectueuse distance entre ancien et moderne, entre dialogue et tension. Cette place relie également les parcs avant et arrière du château. On accède au parc arrière, en contrebas, par un large escalier dont l’échancrure permet à la tour de saillir, sculpturale.


L’installation du Musée s’accompagne également de celle des Archives de la Ville de Berne. Comme le Musée, les Archives ont pris part à l’intense travail d’élaboration du cahier des charges qui allait servir de base au concours architectural. C’est ce mode de développement qui a permis de tirer le meilleur parti des ressources et des fonctions tout en limitant le projet au strict nécessaire.


Les devis adoptés en 2004, pour un tiers par chacun des trois soutiens de la Fondation du Musée, atteignaient 25.8 mios de francs. Le décompte final devrait être d’env. 2.6 mios de francs, augmentation des coûts de 2 mios de francs comprise. Comparé à d’autres projets de Musées dans des grandes villes, celui-ci a été très peu gourmand en moyens. Pourtant, si l’on considère l’importance de l’objet, ses fonctionnalités et le potentiel désormais offert, cette extension peut se classer parmi les plus belles réussites de ces dernières années au plan international.


Un espace d’expositions très polyvalent

Dans la grande salle des expositions, l’architecture se fait neutre pour laisser à la halle tout son rôle de scène aux mains des concepteurs et scénographes. Très différentes de conception, les deux premières expositions ont montré toute la flexibilité offerte par cette salle grâce au système de cloisons développé en interne par le Musée.


La mission première: la conservation préventive

Aux dépôts souterrains revient le rôle capital de la conservation préventive. L’expérience a démontré que la majeure partie des dégâts aux œuvres est occasionnée par leurs déplacements dans les musées mêmes. La concentration des principaux processus dans l’espace permet de réduire au minimum les trajets entre lieux de stockage, de photographie et d’exposition. La structure des salles de dépôt garantit le maintien d’un climat stable, même en cas de panne d’électricité de plusieurs jours.

Très fonctionnels, les espaces de travail des sections scientifiques du Musée et des Archives de la Ville jouissent du charme que prodigue la vue superbe sur le vieux château du Musée et la vieille ville de Berne.


Les élégantes lignes extérieures de l’édifice montre, que même avec un budget modeste, il possible de conjuguer intégration architecturale urbaine et fonctionnalité muséale de premier rang. Ni le British Museum de Londres ni le Deutsches Historisches Museum de Berlin ne disposent actuellement d’espaces comparables pour leurs expositions temporaires. Désormais, avec cette nouvelle extension, le Musée peut parfaitement remplir ses missions principales, à savoir: la conservation (dépôts), la recherche (sections scientifiques) et l’offre au public (espace dédié aux expositions temporaires).

 

Le Musée Historique de Berne remercie tout ceux qui ont soutenu ce projet:

  • la Fondation Abegg à Riggisberg pour leur contribution initiale
  • le Canton, la Ville et la Commune bourgeoise de Berne pour le crédit de construction
  • l'Association des Amis du Musée ainsi qu'un donateur pour les vitrines et l’éclairage